Roffinella (Martine), Pour une absente, Éditions Rhubarbe, 2020.

Un recueil, deux poèmes réunis en diptyque. Les deux “pour une absente” ; l’une pour la chanteuse Barbara, l’autre pour une femme qui n’est pas nommée. Dans le premier poème, “Elle prend la voix”, on sent la présence de la femme au piano noir dans chaque strophe, comme une invitation à (re)découvrir les lieux qu’elle a partagé avec son public : Marienbad, Göttingen, Rémusat… Même “L’illusion du mimosa”  évoque la “L’île aux mimosas” ou encore la “fleur du mimosa” de la chanteuse.

Vous n’étiez pas au rendez-vous
Mais elle attend

“Elle prend la voix […] Et s’envole”.

Dans le second poème, Les lieux d’attente, Martine Roffinella évoque avec beaucoup de pudeur une relation amoureuse avec une autre femme, absente ou morte, on ne saurait le dire. Comme le dit si justement Jean Claude Bologne dans son excellente chronique de cet recueil de Martine Roffinella :

La référence biblique s’impose à nous, car la quête sacrée est omniprésente dans ce poème, qui parle de sainte, de cierge d’autel, d’église… (cf. chronique de Jean Claude Bologne).

Les mousses sont “drues”, le soleil “un abat-jour” tandis que la narratrice cherche l’absente (Te chercher / Mais où). “Depuis trois jours / Et trois nuits / Je suis partie” revient, inlassablement. “Je quitte Paris”, seul indice des lieux d’attente de la narratrice.

“La tristesse est de ma terre / Or / De cette terre / Âpre et reluisante / Tu n’as pas voulu…”[…] “La campagne avec toi / Aurait été de l’or / Nous les reines”.

“Tout cela serait à nous”.


Pour une absente de Martine Roffinella se trouve sur le site des éditions Rhubarbe et en commande dans toutes les librairies. Prix : 6€.